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  • Le crédit à la consommation

    Il y a peu, je me suis rendu à Rome pour assister à un séminaire consacré à l'économie où il a été grandement question de la fonction de consommation. Si je n'en ai pas tout retenu, il y avait tout de même un intervenant qui se penchait sur la question des biens de consommation durables et des crédits de consommation. La plupart des emprunts des consommateurs servent en réalité à financer l'achat de biens de consommation durables (il existe des exceptions, mais très peu de gens s'offrent des voyages ou des loisirs à crédit). Le crédit sert donc à l'achat de biens d’équipement familiaux, comme : des ordinateurs, des salons, ou encore des automobiles. Il faut dire qu'acquérir une voiture peut coûter le salaire d'une année entière, ce qui encourage nettement le crédit. Et à cet égard, deux aspects du crédit à la consommation ont une répercussion sur la dépense de consommation. En premier lieu, il faut prendre en compte le volume de crédit consenti. Si les banques décident d’accorder des découverts plus importants, il est évident que plus de gens dépenseront au delà de leur revenu disponible et se procureront la cuisine de leurs rêves à crédit. Une extension de l’offre de crédit à la consommation projette la fonction de consommation vers le haut. Les gens dépensent plus, quel que soit le niveau du revenu disponible. En second lieu, le coût du crédit à la consommation doit également être étudié de près. Car les faits ont prouvé que plus le taux d’intérêt est grand, moins le montant que les gens peuvent emprunter est grand, car il leur incombe de rembourser le principal mais les intérêts avec. Ainsi, comme le prouvait cet intervenant à travers de nombreux exemples, la monnaie et les taux d’intérêt impactent sur la demande de consommation, par leurs effets sur le volume du crédit à la consommation et les taux d’intérêt retenus concernant ce dernier. Un accroissement de la base monétaire amplifie les encaisses du système bancaire et permet à ce dernier d'autoriser plus de crédits à la consommation par l'entremise des découverts. De même, en modérant le coût du crédit, la baisse des taux d’intérêt permet aux ménages d'emprunter plus tout en demeurant capables de régler les intérêts et de rembourser le principal. Lors de ce séminaire à Rome, l'intervenant montrait nettement que ces deux leviers étaient responsables de la plupart des déplacements de la fonction de consommation. Suivez le lien pour les infos relatives à l’organisateur de cette manifestation.

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  • Quand le terroriste se renie

    Comme Sid Ahmed Ghlam à Villejuif ou Yassin Salhi en Isère, Ayoub El Khazzani, l'auteur présumé de l'attaque du Thalys, à nié la portée terroriste de son acte. Est-ce là une nouvelle stratégie de défense des jihadistes ? Éléments de réponse. Ayoub El Khazzani n'entend pas endosser le costume du terroriste. Auditionné par les hommes de la DGSI à Levallois-Perret depuis samedi, le Marocain de 25 ans suspecté d'avoir ouvert le feu et blessé deux personnes dans le Thalys reliant Amsterdam à Paris vendredi 21 août, nie le caractère terroriste de son attaque. Mieux, le suspect "hagard" et "étonné de ce tout ce qui lui arrivé", selon son avocate Sophie David, affirme être passé à l'acte pour des "besoins d'argent". Nier la portée terroriste d’une attaque semble être devenu la ligne de défense classique des jihadistes arrêtés ces derniers mois en France, à grand renfort d’arguments flirtant parfois avec le ridicule. Ainsi, Sid Ahmed Ghlam, l’étudiant soupçonné d’avoir planifié des attaques contre des églises dans le Val-de-Marne, a soutenu avoir déjoué un attentat et avoir été blessé au pied par un mystérieux complice. Quant à Yassin Salhi, qui a décapité en juin son patron à Saint-Quentin-Fallavier (Isère), plaide le coup de folie après une altercation avec lui (ou son supérieur). Ce reniement signerait-il une nouvelle ligne de défense des terroristes ? "Rien n'est moins sûr", allègue le journaliste et écrivain Mohamed Sifaoui. "Il n’y a que les médias qui avancent l’idée d’une nouvelle stratégie de défense car dans les faits, il n'y a rien de nouveau", note le spécialiste du terrorisme islamiste. Rares sont les terroristes qui revendiquent eux-mêmes leur acte. Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau des attentats du 11-Septembre, ou les auteurs des attentats du RER B de la station Saint-Michel, entre nombreux autres, n'ont jamais rien avoué", rappelle-t-il. Pour le journaliste, les actes terroristes sont le plus souvent revendiqués par des organisations islamistes et rarement par les terroristes eux-mêmes, sauf dans le cas où ces derniers se savent encerclés comme, Mohamed Merah. Par ailleurs, les organisations terroristes ne revendiquent que les actes menés jusqu’à leur terme. "Elles n’ont aucun intérêt pour leur image à mettre en avant un acte terroriste raté. Pas plus qu’elles n’ont d’intérêt à revendiquer un acte terroriste lorsque l’assaillant est en garde à vue sous peine d’accabler l’un des leurs", poursuit encore Mohamed Sifaoui. Et il n'y a rien d'étonnant à ce que les terroristes maintiennent la même ligne de défense, selon l’auteur de l’ouvrage "Pourquoi l’islamisme séduit-il ?". "Depuis dix ans, des manuels sont distribués aux apprentis jihadistes par les canaux habituels des organisations terroristes sur le bon comportement à adopter avant, pendant et après l'acte terroriste. L’un d’entre eux, intitulé 'Encyclopédie globale de sécurité', comporte un chapitre sur la garde à vue et conseille à ses lecteurs de nier toute velléité terroriste", souligne-t-il encore. Et à bien y réfléchir, "pourquoi les terroristes iraient avouer à des autorités policières, qu'ils ne reconnaissent pas, un acte terroriste qui alourdirait leur peine ?"

  • Le Liban en proie à la corruption

    Une nouvelle manifestation anti-gouvernementale a été annulée lundi à Beyrouth par le collectif "Vous puez". Ce rassemblement laissait craindre des débordements après de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ce week-end. Après les violences qui ont secoué Beyrouth ce week-end, une nouvelle manifestation prévue lundi 24 août contre le gouvernement a été reportée le jour même par les organisateurs. "La manifestation qui était prévue aujourd'hui à 18 heures (15 heures GMT) a été reportée, a annoncé lundi le collectif citoyen "Vous puez" sur sa page Facebook, précisant que "le mouvement ne s'est pas arrêté et ne s'arrêtera pas". "Nous ne battons pas en retraite. Nous avons besoin de réévaluer nos demandes. Nous ne renoncerons pas à nos droits", ont-ils ajouté. Dans un premier temps, le rassemblement avait été maintenu malgré le contexte tendu et la sécurité avait été renforcée aux abords de la résidence du Premier ministre. Il a ensuite été annulé. Les organisateurs du mouvement de protestation ont reporté à samedi prochain cette manifestation. La décision d’annuler l’évènement a été prise après deux jours de manifestations qui ont tourné à l’affrontement dimanche dans la soirée. D'après la Croix-Rouge libanaise, 59 personnes ont été hospitalisées et 343 autres ont été traitées sur place pour blessures légères. Le ministère libanais de l'Intérieur a de son côté déclaré que les affrontements avaient fait 160 blessés, dont 99 membres des forces de l'ordre. Les organisateurs ont par ailleurs accusé des "fauteurs de troubles" d'avoir attaqué les forces de sécurité après des heures de sit-in pacifique. Dimanche soir, un groupe de 200 jeunes a fait irruption sur la place Riad el-Solh où se tenait le rassemblement, lançant des projectiles sur la police qui a alors fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Ces manifestations avaient commencé en raison de l'incapacité du gouvernement à enlever les ordures des rues après la fermeture de la principale décharge le 17 juillet. Les montagnes de déchets avaient été finalement collectées dans la capitale avant d'être jetées dans des endroits illégaux, provoquant la colère des habitants. Outre une solution à ce problème, les manifestants réclament la fin de la corruption, des pénuries d'électricité et d'eau et du blocage politique. En réaction aux débordements, la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Sigrid Kaag, a appelé toutes les parties à faire preuve de la plus grande modération et a demandé au gouvernement d'agir sans attendre pour permettre une sortie de crise. De son côté, le Premier ministre Tammam Salam a dit comprendre les frustrations des manifestants, tout en laissant entendre que son gouvernement, formé il y a 18 mois, pouvait démissionner s'il n'arrivait pas à résoudre la crise. Le chef de gouvernement avait déjà brandi la menace de sa démission il y a deux semaines.