Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

  • J'ai vomi à 6G

    6G, ce n'est pas le nom du réseau téléphonique dans quelques années : c'est le facteur de charge qu'on ressent lorsqu'on est dans un avion de chasse qui fait de la voltige ! J'ai fait ce vol riche en adrénaline à Marseille, la semaine dernière. Des semaines que j'attendais le jour J, que je m'y préparais mentalement. Je me doutais que ce ne serait pas de tout repos, mais j'ignorais cependant à quel point ! Pourtant, j'avais bien cherché à savoir avant. Mais étonnamment, il n'y a presque aucun retour sur ce vol sur internet. J'ai beau avoir décortiqué tous les résultats proposés sur le sujet, je n'ai pas eu grand-chose à me mettre sous la dent. Comme si personne ne faisait de baptême en avion de chasse. Et pourtant, le pilote m'a bien dit qu'il embarquait de nouveaux clients chaque semaine, et ce depuis des années. Alors quid de toutes ces personnes ? Pourquoi ne partagent-elles pas leur aventure sur internet, à une époque où les gens photographient leur assiette pour la poster sur Facebook ?!? Pourquoi presque aucune d'entre elles n'a voulu faire un retour d'expérience sur le sujet ? Maintenant que j'ai fait ce vol, je pense avoir compris. Elles ont gardé le silence parce qu'il s'agit là d'une expérience pratiquement impossible à décrire. D'ailleurs, presque tous les récits que j'ai trouvés sur le web expliquaient le côté matériel plutôt que les sensations de vol. Comme si ces dernières échappaient au mot. Je vais essayer de vous résumer ce qu'on ressent à ce moment-là, ne serait-ce que par principe. Imaginez le manège le plus violent que vous ayez jamais testé. Multipliez les sensations par dix. Et vous commencerez alors à comprendre ce qu'on ressent lors d'un vol acrobatique en avion de chasse. C'est (et de loin !) l'expérience la plus violente que j'aie jamais vécue ! Quarante-cinq minutes de vol, dont dix minutes de vol acrobatique où mon corps semblait vouloir s'enfoncer dans mon siège. Une expérience si extrême que je me suis surpris à prier, moi qui ne l'avais pas fait depuis des années. Une expérience telle que j'ai fini par rendre les tartines beurrées de mon petit-déjeuner dans un petit sac à vomi ! Mais bizarrement, je ne regrette rien. En fait, c'était l'expérience la plus marquante que j'aie eu l'occasion de faire dans ma vie, et j'ai adoré ! Que voulez-vous ? L'homo sapiens sapiens est un animal masochiste... Je mets le lien vers la fiche de mon vol en avion de chasse à Marseille. L'expérience est coûteuse, mais c'est un moment vraiment unique... Dommage qu'il soit impossible de la décrire. Pour en savoir plus, allez sur le site qui propose ce baptême en avion de chasse.

    avion.png

  • Tariq Ramadan, non grata

    N’y aurait-il pas un rôle à jouer pour Tariq Ramadan, à la suite des attentats de novembre 2015 à Paris? Sa popularité auprès des musulmans de France ne serait-elle pas utile au gouvernement de Manuel Valls, pour faire passer un message de cohésion et d’unité nationale? «Lorsque le ministère de l’Intérieur a mis en chantier la future instance des musulmans qui a tenu sa première réunion le 15 juin dernier, peut-être qu’il aurait pu mettre dans la boucle Tariq Ramadan au titre d’intellectuel, commente l’ex-«Monsieur Islam» du ministère de l’Intérieur, Bernard Godard. Seulement, Ramadan n’est pas français, cela aurait donc été impossible.» Vraiment? À la suite des attentats de Londres en 2005, le fait que Tariq Ramadan ne soit pas anglais n’a pourtant pas empêché le ministère de l’Intérieur britannique de l’inclure à la task force (l’unité spéciale) chargée d’émettre des recommandations au gouvernement de Tony Blair... Mais le principal intéressé répondrait-il positivement à un appel de Matignon? Lorsque je lui pose la question dans ce café de la gare de l’Est, à Paris, où il m’a donné rendez-vous, nous sommes quelques semaines après l’attentat de Charlie Hebdo. «Je peux être utile», confirme-t-il, pas le seul certes mais pas plus mal placé que bien d’autres pour aider: «Parce que cela fait trente ans que j’ai l’expérience du terrain français, que j’ai étudié l’islam et que mon engagement est reconnu par de nombreux musulmans en France comme à l’’étranger.» Rien d’étonnant, selon le sociologue et membre du Parti des Indigènes de la République (PIR) Saïd Bouamama, qui milite avec lui: «Ça fait longtemps, depuis l’affaire du foulard en 2004, que Ramadan veut montrer qu’il est dispo et je suis étonné qu’il n’ait pas déjà été pris comme interlocuteur. Son discours sur la société française est bien moins critique que le mien par exemple…» On s’accommode bien de la parole du Front national, tandis que, Tariq Ramadan, lui, ce serait le diable incarné! Dans les mois qui ont suivi janvier 2015, Tariq Ramadan a multiplié conférences et interventions à la radio et à la télévision: sur BFM, sur LCP chez «Politiques» de Serge Moati, sur France info. Sur Europe 1, au club de la presse face à trois des éditorialistes français les plus renommés. «Je suis assez choqué par la manière dont il est parfois traité en France. Dernièrement sur Europe 1, c’était un véritable procès qu’on lui faisait. Les éditocrates français ont des opinions tranchées alors qu’ils ne connaissent rien du terrain», s’agace Stéphane Lacroix, chercheur au Centre de recherches internationales de Sciences-Po (Ceri). Auteur de Les islamistes saoudiens, une insurrection manquée, Stéphane Lacroix poursuit: «La question n’est pas d’être d’accord ou pas avec lui. On s’accommode bien de la parole du Front national, des gens infréquentables ont maintenant leur rond de serviette dans certaines émissions tandis que, Tariq Ramadan, lui, ce serait le diable incarné! C’est ce deux poids-deux mesures qui me semble particulièrement préjudiciable.» En tout cas, si Tariq Ramadan n’est pas un «béni-oui-oui», comme il le dit, il est loin d’être ostracisé sur nos ondes, malgré ce qu’il dit. Quel diagnostic Tariq Ramadan dresse-t-il de la France en 2015? Pas un diagnostic désastreux, mais celui d’«évolutions profondes et positives au sein des populations musulmanes». «Nous n’assistons pas à l’émergence d’un nouveau communautarisme mais au dépassement d’un ancien cloisonnement. Il y a de plus en plus de jeunes musulmans qui réussissent dans les médias, l’enseignement, le sport, la culture et tous les corps de métiers et c’est sans doute cela qui crispe certaines personnes», décrit-il, en accusant «le discours politique et intellectuel français d’aviver ces craintes». Son ordonnance? «On doit s’occuper de la question de l’interprétation religieuse et on ne peut faire l’économie ni de la question sociale, ni de la question de notre politique étrangère, en Irak, en Syrie, en Israël, ni de nos alliances avec les pays du Golfe. Il faut également trouver un récit commun qui permette que les musulmans français éprouvent ce sentiment d’appartenance et il est urgent que la laïcité, appliquée totalement et de façon égalitaire, intègre l’islam.» Problème: nos hommes politiques ne veulent rien avoir à faire avec lui. Exemples: en 2011, Martine Aubry fait retirer sa signature d’une pétition qui comportait celle de Tariq Ramadan; et, en mai 2013, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, et Najat Vallaud Belkacem, ministre des Droits des femmes, annulent leur venue à l’Institut européen de Florence lorsqu’ils apprennent que Tariq Ramadan interviendra à la tribune lors de la séance pleinière réunissant 500 personnes. Dans la foulée, c’est aussi leur rendez-vous avec Matteo Renzi qui saute. En 2015, Tariq Ramadan n’aura donc pas reçu de coup de téléphone. Ni de Matignon ni de la Place Beauvau. Et il n’en recevra pas. «Ni la gauche ni la droite ne m’appelleront. On diabolise mes positions à cause de mes critiques de la politique intérieure française, de mes critiques vis-à-vis d’Israël et des incohérences de la politique étrangère. Je ne me cantonne pas au domaine strictement théologique alors on préfère l’évitement en répétant que je suis le petit fils d’Hassan al-Banna [le fondateur des Frères musulmans en Égypte] et que j’aurais un double discours.» En fait, cela fait plus de dix ans que la rupture est profonde et quasi définitive entre Tariq Ramadan et une grande partie des élites françaises. Première séquence: le 3 octobre 2003, dans une «Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires» publiée sur le site Oumma.com, il accuse un certain nombre d’intellectuels juifs français (ou au nom supposé juif comme Taguieff) de prendre un «positionnement politique [qui] répond à des logiques communautaires, en tant que juifs, ou nationalistes, en tant que défenseurs d’Israël». Autrement dit, Tariq Ramadan retourne l’accusation de communautarisme portée contre les musulmans français à l’endroit de ces intellectuels juifs. C’est le scandale. Tandis que Bernard Kouchner traite Tariq Ramadan de «crapule intellectuelle», le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) Patrick Gaubert le qualifie de «raciste»: «Ce qu’il dit est inacceptable aujourd’hui [...] Il essaye d'exister et de jouer un rôle sur la scène française en utilisant la même rhétorique que M. Le Pen en son temps quand il désignait des journalistes à la vindicte en raison de leur patronyme juif.» «L’encombrant Tariq Ramadan», écrit alors Claude Askolovitch dans Le Nouvel Observateur, qui pose la question: «Antisémite, Ramadan? Ou tellement marqué par une vision communautariste du monde qu’il plaque sur les autres sa propre logique?»

  • Les attributs de notre société

    Les attributs de notre société sont de plus en plus flou étant donné le manque de décision politique et sociétale. Il serait, sans doute, inutile d'insister ici davantage sur l'indication générale des attributs fondamentaux de cette coopération distributive et spéciale, principe nécessaire de tous les travaux humains, et dont l'esprit de notre temps, sauf quelques aberrations exceptionnelles, est plutôt porté à s'exagérer la puissance, ou du moins à méconnaître les limites et les conditions. Pour en compléter suffisamment l'indispensable appréciation sociologique, nous devons surtout examiner maintenant l'ensemble des nécessités qu'il impose, d'après les inconvénients essentiels qui lui sont propres, comme je l'avais déjà ébauché, en 1826, dans le second article de mes Considérations sur le pouvoir spirituel. C'est principalement sur un tel examen que me semble devoir reposer immédiatement la théorie élémentaire de la statique sociale proprement dite, puisqu'on y doit trouver le véritable germe scientifique de la co-relation nécessaire entre l'idée de société et l'idée de gouvernement. Quelques économistes ont déjà signalé certains inconvéniens graves d'une division exagérée du travail matériel, mais sous un aspect beaucoup trop subalterne, et surtout sans remonter nullement jusqu'au principe philosophique d'une telle appréciation. Dès le début de ce Traité (voyez la première leçon), j'ai moi-même caractérisé, dans le cas bien plus important de l'ensemble du travail scientifique, les fâcheuses conséquences intellectuelles de l'esprit de spécialité exclusive qui domine aujourd'hui, et dont les volumes précédens m'ont fourni plusieurs occasions capitales de constater l'imminent danger philosophique. Il s'agit ici, abstraction faite de toute vérification plus ou moins étendue, d'apprécier directement le principe général d'une telle influence, afin de saisir convenablement la vraie destination du système spontané de moyens essentiels d'une indispensable préservation continue.