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  • L’impact des stars dans le phénomène de l’hypersexualisation

    Le phénomène de l’hypersexualisation est très largement véhiculé par les idoles telles que Britney Spears, Rihanna, Alizée, Christina Aguilera ou encore les Girlicious : celles-ci ont été sexuées dès leurs débuts et sont devenues de véritables sex symboles qui se donnent à voir dans des clips vidéos proches du porno soft. Notons au passage que les clips des Girlicious reprennent tous les stéréotypes de la pornographie infantile : ils mettent en scène des jeunes filles à peine majeures, vêtues d’un uniforme d’écolières ultra-court laissant entrevoir leurs sous-vêtements lorsque leurs jupes virevoltent pour finalement faire un striptease jusqu’à ne garder que leurs sous-vêtements et s’adonner à une bataille d’oreiller dans une chambre d’enfant !Parce qu’ils ont des identités en devenir et qu’ils sont à la recherche de leur personnalité, les jeunes et «très jeunes» sont plus susceptibles d’être influencés par les représentations des idoles de notre société. En s’habillant comme leurs stars préférées, ils recherchent inconsciemment la reconnaissance de leur entourage. C’est pourquoi, par exemple, les fillettes peuvent difficilement comprendre le discours moralisateur des adultes à propos de leur look, puisque l’environnement dans lequel elles évoluent valorise constamment des femmes hypersexy, riches et célèbres. Il est d’ailleurs difficile pour les jeunes de ne pas envier les vedettes, quand on sait la reconnaissance sociale que la célébrité apporte. Il n’est pas étonnant que la « célébrièveté »1 puisse devenir l’enjeu d’une vie, puisqu’elle permet de briller sans avoir accompli quoi que ce soit et d’accéder à un statut social privilégié rapidement, voire instantanément. Les enfants et adolescents sont quotidiennement confrontés à ce genre de clips et influencés par les attitudes de leurs idoles. Nous sommes ici face à un paradoxe saisissant : d’un côté, la société réprimande la pédophilie tout en proposant aux hommes des images de plus en plus présentes d’adolescentes sexualisées et en encourageant les jeunes filles à se voir comme des objets de désir masculin.

  • Les médias comme espace de visibilité sociale

    De nombreux auteurs ont cherché à saisir les implications des mutations contemporaines de l’espace public (Wolton, 1991 ; Genard, 1996 ; Girod, 2000 ; Miège, 2010). Nous renvoyons ici à l’une des tentatives les plus abouties, que l’on doit au sociologue anglais John Thompson (2005). Celui-ci s’est employé à cerner les « nouvelles modalités de la visibilité sociale » en s’intéressant aux transformations des interactions sociales engendrées par le développement des médias de communication. Quelles sont ces nouvelles formes d’interaction sociale ? Que peuvent-elles nous apprendre sur les phénomènes contemporains d’invisibilité sociale ? Pour les saisir, il convient d’abord de les distinguer de la forme la plus élémentaire que constitue l’interaction de face-à-face. Celle-ci suppose une situation de coprésence, laquelle rend possible un échange dialogique entre plusieurs individus ou groupes sociaux : « un individu parle à un autre (ou à des autres) et le destinataire peut répondre ». La situation de coprésence permet d’intégrer des compléments aux paroles échangées, comme des gestes, des expressions faciales, des changements d’intonation, etc., susceptibles de faciliter l’interprétation des messages communiqués. Or, les médias de communication ont créé des formes nouvelles d’interaction qui diffèrent fortement de cette situation de face-à-face. Thompson distingue entre les « interactions médiatisées » et les « quasi-interactions médiatisées ». Les premières renvoient au courrier postal ou encore aux conversations téléphoniques, qui permettent de s’affranchir des contraintes d’espace et de temps limitant de facto les situations de coprésence. Le coût de cet affranchissement correspond à un rétrécissement de la diversité des signes que l’on peut employer pour communiquer (perte des gestes et des expressions faciales). Pour autant, l’interaction demeure à double sens et permet à chacun de s’exprimer. De son côté, la quasi-interaction médiatisée renvoie à une situation de communication à sens unique. Les livres, journaux, films, émissions de radio et de télévision, etc., se caractérisent d’abord par le fait qu’ils sont produits pour un nombre indéfini de destinataires potentiels. Ils ne s’adressent pas à une personne en particulier mais à un groupe relativement indéfini d’individus. Or, cette première caractéristique en induit une seconde, soit le caractère monologique de la communication : « le lecteur d’un livre ou d’un journal (…) est avant tout le destinataire d’une forme symbolique dont le producteur n’attend pas de réponse directe et immédiate »8. Ainsi l’interaction de face-à-face a-t-elle été complétée par d’autres formes d’interaction qui sont progressivement devenues les éléments les plus déterminants de l’espace public. Avec quel impact sur l’accès à la visibilité sociale ?