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Business

  • La GUadeloupe et Macron

    Si quelqu'un avait dit il y a un an à peine que Macron serait le prochain président, personne ou presque n'y aurait cru. Et pourtant, aujourd'hui, la question est quasiment pliée : il y a de fortes chances que ce soit lui qui remporte ces élections ! En ce qui me concerne, le Front National ne peut fédérer une majorité de français ; ce sera donc probablement Macron qui remportera les élections. Mais ensuite, je dois dire que c'est la grande inconnue. Dernièrement encore, je suis allé à Saint François en Guadeloupe dans le cadre d'un colloque, et j'ai médité la question avec d'autres personnes. Et nous nous sommes aperçus au cours de la conversation combien le programme d'En Marche tente de ménager tout le monde. Ce qu'il fait qu'il risque d'être d'autant plus complexe à mettre sur pied ! En ce qui me concerne, ce qui m'ennuie pas mal, c'est que le programme d'En Marche soit aussi proche de celui de Hollande. Quand on s'y intéresse de près, presque 40 % des propositions du candidat d’En Marche sont équivalentes à celles de Hollande en 2012 ! Et vu ce qu'a fait Hollande de son programme, ce n'est pas particulièrement rassurant ! Cela dit, je dois avouer que je suis plutôt intéressé par certaines propositions qui ont été récemment émises : construire une Europe de la défense avec financements et quartier général communs, réduire d'un tiers le nombre de parlementaires, favoriser les accords d'entreprise pour définir les conditions de travailleurs... Ce n'est pas un programme de bric et de broc, comme je pensais que cela allait être ! Reste à savoir si le candidat Macron saura tenir son rôle de président : peut-il résister à un Trump à moitié fou, ou à un Poutine qui gonfle les muscles à la moindre contrariété ? J'en doute. Mais de toute façon, les dés sont jetés. Soit dit en passant, ce colloque m'a laissé un très bon souvenir : j'ai été impressionné par le sens de l'organisation. Voici l'agence qui nous l'a concocté, si vous êtes curieux ! Retrouvez toutes les infos sur l'organisation de séminaire en Guadeloupe en suivant le lien.

  • Je vais te motiver

    C'est quelque chose qui me contrarie continuellement, dès que certains chefs d'entreprise m'expliquent comment ils font leur challenge commercial. Pour ceux-là, ce dernier se borne à remonter le chiffre d'affaires. Et il mène certes, quand il est parfaitement programmé, une reprise manifeste du chiffre d'affaires. Pourtant ce n'est au final que l'un des atouts qu'il procure. D'autres sont selon moi tout aussi substantiels. Ce type de campagne sert tout d'abord à booster la motivation de ses collaborateurs. La dotation à gagner n'est pas le seul objectif. Les participants ont aussi soif de reconnaissance, et le challenge est un moyen de reconnaître leur participation. Le challenge commercial excite également un esprit de compétition. Les commerciaux ont tendance à s'affronter les uns les autres et mesurer leurs ventes. Le challenge leur donne une arène où développer cette aptitude. Et les meilleurs motivent les autres élements à faire de leur mieux. C'est donc un moyen efficace de tirer ses co-équipiers vers de nouveaux sommets. Toutefois le bénéfice le plus perceptible du challenge commercial se trouve dans la dynamique qu'il instaure. L'opération est un instrument pour inciter des individus à briller. Et cette ardeur ne cesse pas à la conclusion de l'opération. Trois raisons expliquent la démotivation des salariés d'une société: le manque de reconnaissance, la rémunération considérée insuffisant, et le manque de reconnaissance. Et le challenge économique résoud ces trois paramètres de façon efficace. Mais pour réaliser son objectif, un challenge commercial se doit d' respecter quelques règles de bon sens. Et je reste souvent abasourdi de voir que celles-ci ne sont pas toujours observées. En premier lieu, l'on doit opter pour des cadeaux qui incitent les équipes à briller. La plus grande partie du budget du challenge doit en théorie y être voué. Ensuite, il faut fournir ces prix à environ 30 % de la population participante. En deçà, l'exaspération surpasse le bienfait. Et bien sûr, l'objectif doit être accessible. Quand on prend en considération ces quelques principes , le challenge commercial aura une chance de remplir ses objectifs. Mais si l'opération est édifiée à la va-vite, cela peut apporter un effet inverse à celui qu'on visait. En savoir plus en suivant le lien sur le site de l'organisateur de ce challenge commercial.

  • La domination bancaire

    La crise économique qui s’est déclenchée en 2008 était prévue depuis longtemps par de nombreux économistes, notamment à cause de la bulle financière liée à la spéculation. Mais concernant les dérives de l’économie capitaliste, la responsabilité des banques, de la dette et des paradis fiscaux est à la fois plus profonde et plus ancienne qu’on ne l’évoque généralement. Au cœur de l’Etat et de la gouvernance économique et politique, domine le pouvoir financier de manière légale, mais aussi parfois sous des formes illégales et souvent peu démocratique. Dans le cadre de cet article nous allons exposer différents mécanismes centraux du pouvoir des banquiers sur le monde. Les banques et les paradis fiscaux, sont des accélérateurs de la gouvernance néolibérale. Cette dérégulation vient alors renforcer les délits politico-financiers, du fait de la carence et de la dissolution des règles de contrôle. La dette, en particulier celles des PED, est un instrument de domination des pays riches sur les PED. Tandis que la privatisation du pouvoir de création monétaire par les banques privées, conduit à un vol l’égal d’un bien public. Les banques et les propriétaires des grandes banques (Rockefeller, Rothschild, Morgan, City Group, Goldman Sachs…) représentent un des pivots du pouvoir mondial. D’une part parce que ces propriétaires disposent de sommes énormes. Le magazine Forbes décomptait 1 125 milliardaires en 2008 (Kroll, 2008) [2]. Au classement Forbes de 2005, Bill Gates était l’homme le plus riche du monde avec 46,5 Mds $ et Warren Buffet 44 Mds $. La fortune des plus grandes banques dépassent largement celles des plus riches individus, puisque la fortune de City Group était de 10 fois supérieure à celle de Bill Gates et celle de la Bank of America l’était de 16 fois. On trouvait au classement Forbes2005, cinq banques, dont Citigroup (484,10 Mds $ d’actifs), Bank of America (776,42 Mds $ d’actifs), puis HSBC, ING Group et UBS. Ceci leur permet d’acheter potentiellement absolument, tout ce qui peut servir leur objectif de puissance : entreprises, médias, biens divers et ce jusqu’à corrompre si besoin est les dirigeants politiques, qui sont susceptibles de se laissent soudoyer. Les flux financiers illégaux et massifs dans les paradis fiscaux Les paradis fiscaux et les chambres de compensation (Clearstream) sont un instrument majeur de la corruption politique et de la spoliation économique des citoyens. Les estimations concernant l’importance des capitaux licites ou illicites drainés par les paradis fiscaux sont assez difficiles à établir. On estimait, en 2000, que les capitaux, détenus hors frontières, s’élevaient à plus de 5 000 milliards de dollars, soit 54% des capitaux mondiaux (EAEF, 2001) [3]. De son côté, le FMI estimait, en 2003, que 50% des flux de capitaux passent dans les places off-shore, que circule dans le monde entre 600 et 1 500 milliards/an d’argents sales, que le blanchiment représente 5% du PIB mondial. Selon l’office des Nations unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime, en 1999 ; 50% des 4 800 Mds de francs annuels dégagés par l’ensemble des activités criminelles du monde (trafics de drogue, prostitution, fausse monnaie…) seraient blanchis dans les paradis fiscaux (ODCCP, 2000) [4]. Pour la France, le conseil scientifique d’Attac France mentionnait qu’en 1999, 350 milliards de dollars étaient blanchis pour être réinvestis dans l’économie légale. Il évaluait ainsi un manque à gagner pour les caisses des États de plus de 300 milliards d’euros auxquels s’ajoutent la fraude et l’évasion fiscale. Ces dernières représentaient, en 2003, environ 50 milliards d’euros pour la France, c’est-à-dire 17% du budget de l’État soit l’équivalent du déficit budgétaire (Attac, 2004) [5]. Pour les PED (pays en développement), l’évasion fiscale conduit à un manque à gagner dans les recettes fiscales de 50 milliards de dollars. L’équivalent de l’APD annuelle de l’ensemble des pays de l’OCDE. La quasi-totalité des grandes banques et entreprises européennes ou américaines a ouvert des succursales dans des paradis fiscaux. C’est par exemple le cas de la BNP Pari­bas, présente aux Bahamas et aux îles Caïman, idem pour le Crédit Agricole,la CIC, le Crédit Lyonnais, Natexis Ban­que Populaire, la Société Générale, etc. Total réalise la plus grande partie de ses bénéfices dans des filiales enregistrées aux îles Bermudes et autres terri­toires off-shore, etc. (Foutoyet, 2005). Contrairement aux idées reçues, les paradis fiscaux ne sont donc pas un « sous­ système » à la marge de la machine économique : ils en sont l’un des roua­ges. En effet, on estime que plus de la moitié des transactions financières internationales transite par les para­dis fiscaux. Les paradis fiscaux facilitent donc : - l’évasion fiscale, la limitation du système fiscal, - le blanchiment de l’argent sale, - les opérations occultes, - le secret bancaire, - l’immunité judiciaire, l’absence de coopération judiciaire internationale sous la responsabilité et l’accord du G8, -C’est un accélérateur de la criminalité grâce au blanchiment de l’argent lié au trafic de drogue, à la prostitution, à la fabrication de fausse monnaie, au racket… Les sociétés-écrans sont des instruments utilisés contre la transparence démocratique. Une société-écran est une pseudo-entreprise qui cache son véritable propriétaire par l’utilisation de prête-noms. Elle est très uti­lisée la fraude fiscale. Selon l’office des Nations unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime, les paradis fiscaux abri­teraient quelque 3 millions de sociétés-écrans. (ODCCP, 2000) [6]. Les détournements et le blanchiment par les banques grâce aux paradis fiscaux En 1991, le scandale international de la BCCI (Bank of Crédit and Commerce International), conduit à sa fermeture par la justice, a montré la liaison pouvant exister entre le trafic de drogue, le terrorisme, la haute finance et les services spéciaux. Enregistrée au Luxembourg, la BCCI recueillait pêle-mêle les comptes d’Abou Nidal, de Saddam Hussein, du général Noriega, des services de la CIA et des sociétés liées au trafic international de la drogue, du marchand Kashoggi, entre mille autres places de même nature. Des connexions apparaissent entre ben Laden (héritier multimillionnaire d’une grande famille saoudienne) et la BCCI. Ces pratiques litigieuses ont creusé un passif de 13 milliards de dollars (Verschave, 2003).4