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  • Le Liban en proie à la corruption

    Une nouvelle manifestation anti-gouvernementale a été annulée lundi à Beyrouth par le collectif "Vous puez". Ce rassemblement laissait craindre des débordements après de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ce week-end. Après les violences qui ont secoué Beyrouth ce week-end, une nouvelle manifestation prévue lundi 24 août contre le gouvernement a été reportée le jour même par les organisateurs. "La manifestation qui était prévue aujourd'hui à 18 heures (15 heures GMT) a été reportée, a annoncé lundi le collectif citoyen "Vous puez" sur sa page Facebook, précisant que "le mouvement ne s'est pas arrêté et ne s'arrêtera pas". "Nous ne battons pas en retraite. Nous avons besoin de réévaluer nos demandes. Nous ne renoncerons pas à nos droits", ont-ils ajouté. Dans un premier temps, le rassemblement avait été maintenu malgré le contexte tendu et la sécurité avait été renforcée aux abords de la résidence du Premier ministre. Il a ensuite été annulé. Les organisateurs du mouvement de protestation ont reporté à samedi prochain cette manifestation. La décision d’annuler l’évènement a été prise après deux jours de manifestations qui ont tourné à l’affrontement dimanche dans la soirée. D'après la Croix-Rouge libanaise, 59 personnes ont été hospitalisées et 343 autres ont été traitées sur place pour blessures légères. Le ministère libanais de l'Intérieur a de son côté déclaré que les affrontements avaient fait 160 blessés, dont 99 membres des forces de l'ordre. Les organisateurs ont par ailleurs accusé des "fauteurs de troubles" d'avoir attaqué les forces de sécurité après des heures de sit-in pacifique. Dimanche soir, un groupe de 200 jeunes a fait irruption sur la place Riad el-Solh où se tenait le rassemblement, lançant des projectiles sur la police qui a alors fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Ces manifestations avaient commencé en raison de l'incapacité du gouvernement à enlever les ordures des rues après la fermeture de la principale décharge le 17 juillet. Les montagnes de déchets avaient été finalement collectées dans la capitale avant d'être jetées dans des endroits illégaux, provoquant la colère des habitants. Outre une solution à ce problème, les manifestants réclament la fin de la corruption, des pénuries d'électricité et d'eau et du blocage politique. En réaction aux débordements, la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Sigrid Kaag, a appelé toutes les parties à faire preuve de la plus grande modération et a demandé au gouvernement d'agir sans attendre pour permettre une sortie de crise. De son côté, le Premier ministre Tammam Salam a dit comprendre les frustrations des manifestants, tout en laissant entendre que son gouvernement, formé il y a 18 mois, pouvait démissionner s'il n'arrivait pas à résoudre la crise. Le chef de gouvernement avait déjà brandi la menace de sa démission il y a deux semaines.